À l’opposé du trafic passagers, le transport de marchandises de la plateforme franco-suisse de Bâle-Mulhouse maintient ses performances. Certains facteurs déclenchés par le Covid-19 sont favorables.

Alors que son trafic de passagers s’est écroulé avec la crise sanitaire, l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse a préservé son activité de fret. Celle-ci a même augmenté, de 3,8 % de janvier à juin par rapport à la même période en 2019, pour atteindre 55.546 tonnes. « Comme la plupart du fret avionné est réalisé par des avions dédiés, nous avons été moins impactés que d’autres plateformes par l’arrêt des vols passagers qui embarquent de la marchandise dans leurs soutes », explique Gian Carlo Alessi, responsable fret de l’EuroAirport. La performance est d’autant plus notable que l’aéroport franco-suisse n’avait pas accumulé de « réserves » de croissance avant le confinement : janvier et février étaient stables par rapport à 2019.
Certains phénomènes induits par le coronavirus ont été favorables, du point de vue statistique. « L’importation de masques a été conséquente, bien qu’elle soit difficile à quantifier avec précision. Quant au secteur pharmaceutique, un de nos points forts, il résiste bien aux crises, de manière générale », ajoute Gian Carlo Alessi.  L’e-commerce a enregistré également une légère progression.

La croissance du premier semestre résulte du transport camionné (+ 5,5 %, à 23.807 tonnes) mais surtout du fret traditionnel avionné (total de 9.382 tonnes, soit + 34,5 %). Pour celui-ci la seconde rotation hebdomadaire de Turkish Airlines, depuis août dernier, a compensé le départ dans le même temps de Korean Air vers Zurich. Seul l’express affiche une baisse, de 7 % (total de 22.357 tonnes) mais l’EuroAirport invite à la relativiser : « Certes, la demande de biens de consommation et d’équipements a diminué, mais on observe surtout une évolution du portefeuille des clients vers des colis plus légers. Dès lors, il y a un recul au niveau des tonnages, mais pas au niveau des volumes transportés », estime Gian Carlo Alessi.

(source : l’Antenne – août 2020)

Le groupe américain de messagerie UPS a connu une hausse de son activité au deuxième trimestre, au gré de l’évolution de la demande des particuliers notamment.

UPS a largement dépassé les attentes au deuxième trimestre, grâce à la hausse du nombre de colis commandés par les particuliers et dans le secteur de la santé. La performance du groupe de messageries américain « a été entraînée en partie par les évolutions de la demande qui ont émergé pendant la pandémie », a souligné la directrice générale, Carol Tomé.
En particulier, UPS  a observé « un bond des volumes des livraisons chez les particuliers, des commandes de santé liées au Covid-19 et une forte demande en provenance d’Asie », a-t-elle ajouté. En volume, le nombre de paquets transportés par la société s’est envolé de 20,9 %. Le prix payé par livraison a en revanche baissé un peu, de 5,2 %, à 10,63 dollars en moyenne.

Au final, le chiffre d’affaires d’UPS a augmenté de 13,4 % pour atteindre 20,46 milliards de dollars, là où les analystes anticipaient 17,5 milliards de dollars. La société a dégagé un bénéfice net de 1,77 milliard de dollars, en hausse de 5 %.

(source : AFP – 31 juillet 2020)

L’aérien porteur pendant la crise :

Dans le fret aérien, Kuehne+Nagel (K+N) est parvenu à faire croître ses revenus semestriels de 4,2 % (2,46 md CHF) grâce notamment à une forte demande pour les produits de crise à laquelle le groupe s’est rapidement adapté. Son résultat d’exploitation (Ebit) a augmenté de 4 %, à 181 M CHF. Le commissionnaire de transport international a dû acheter des capacités charter pour ses clients, les soutes des avions passagers n’étant plus disponibles pendant plusieurs semaines au deuxième trimestre et a su tirer profit de la situation. Alors que ses volumes ont baissé de 22 % sur cette période (315.000 tonnes) son chiffre d’affaire a crû de 15 % (1,37 md CHF) et son Ebit de 17 % (110 M CHF).

(source : L’Antenne et AFP juillet 2020)

Les taux de fret devraient augmenter de 30 %, compte tenu de la limitation de l’accès aux soutes des avions passagers. Et l’activité devrait générer 110 md DOL de revenus en 2020, contre 102 en 2019, ce qui représentera 26 % des revenus du secteur contre 12 % en 2019. L’activité continuera à se développer en 2021 où l’IATA prévoit des revenus de 138 md DOL, en hausse de 25 % par rapport à 2020. La demande en fret aérien devrait être importante pour accompagner le réapprovisionnement des stocks au redémarrage de l’économie, alors que dans le même temps, l’accès aux soutes passagers demeurera limité.

AFP – 10 juin 2020

L’aéroport de Paris-Vatry (Marne) a vu «exploser» son activité fret en avril en raison du transport de masques et de matériel sanitaire.

Situé au cœur du Grand Est, il a été choisi en mars pour réceptionner une grande partie du matériel sanitaire commandé notamment par l’État dans le cadre d’un «pont aérien» mis en place avec la Chine.

Plus d’activité que sur toute l’année 2019 :

«Cette crise touche l’aéroport de manière paradoxale, avec d’un côté un arrêt complet des vols passagers, et de l’autre une explosion des vols charter de fret», explique lundi à l’AFP Christian Bruyen, président LR du conseil départemental, propriétaire de l’infrastructure. «En avril, nous avons traité 1.760 tonnes de fret, soit un total cumulé depuis le début de l’année de 4.250 tonnes. Nous avons déjà dépassé le volume annuel 2019 (soit 2.869 tonnes)», précise-t-il. Depuis le 30 mars, Paris-Vatry «accueille et traite en moyenne chaque jour deux vols de fret gros porteur, [assurés par] Antonov AN124 et B747 cargo, contenant masques et matériel sanitaire pour l’État français, les collectivités territoriales ou des entreprises privées», détaille-t-il encore.

Source : Le Figaro avec AFP – mai 2020

Le groupe logistique Deutsche Post DHL estime avoir maintenu une trajectoire de croissance positive au premier trimestre 2020 et avoir résisté à la pandémie.

Au cours des trois premiers mois de l’année, le groupe Deutsche Post DHL a vu son chiffre d’affaires progresser de 0,9 % pour atteindre 15,5 milliards d’euros. Son résultat d’exploitation (Ebitda) s’est élevé à 592 millions d’euros grâce aux résultats positifs de ses cinq divisions. Quant à son flux de trésorerie, il a presque triplé pour s’établir à 50 millions d’euros.
Avec la diversité d’activités qui composent son portefeuille de solutions logistiques (des services express internationaux au fret aérien et maritime, en passant par l’entreposage et la remise du courrier), le groupe estime être « mieux positionné que d’autres entreprises et bien équipé pour faire face aux situations de crise ».
Selon lui, depuis le début de la propagation mondiale du coronavirus, les diverses activités menées dans les différentes régions ont donné de meilleurs résultats. Mais il reconnaît toutefois, dans quelques cas, de moins bons résultats que ceux initialement prévus.

Source : L’Antenne 20 mai 2020

D’ici 2038, la flotte mondiale d’avions cargo passera de 1.870 à 3.260 appareils, selon Boeing. Cette croissance devrait profiter au constructeur américain, leader sur le segment du fret aérien, et sera portée par les flux e-commerce.

Avec une part de marché de 90 % dans le secteur des avions cargo, Boeing a acquis une légitimité dans le domaine du fret aérien. Aussi ces prévisions révisées régulièrement font-elles référence à travers le monde. Le 16 octobre, le constructeur aéronautique américain a ainsi actualisé ses projections d’ici 2038 marquées par une croissance mondiale de 4,2 % par an. En nombre d’avions, cette augmentation de la demande se traduirait par la mise en service de 2.650 avions freighters supplémentaires : 30 % dans le cadre de renouvellement et 70 % en nouveaux appareils dédiés au cargo. À l’intérieur, 980 avions cargo neufs seraient construits et 1.670 appareils passagers seraient convertis ; un marché évalué à 280 milliards de dollars ! Si ces prévisions croisent les tendances observées ces dernières années en Europe, Amérique du Nord et en Asie, les principaux moteurs de la croissance du fret aérien seront le développement des services postaux, en Asie et en Chine en particulier, et l’essor du commerce électronique mondial. Selon les projections faites par Boeing, le e-commerce enregistrera une progression de 20 % par an pour atteindre dès 2021 un chiffre d’affaires mondial de 5.000 milliards de dollars.

Source : L’Antenne – 9 novembre 2018