L’acheminement des vaccins contre la Covid-19 qui s’organise dans le ciel mondial clôture une année 2020 marquée par un renouveau du fret aérien dans les stratégies des compagnies.

La crise sanitaire de 2020 marque sans aucun doute un retour en grâce du fret aérien dans les stratégies des compagnies mondiales. Certaines d’entre elles ont rapidement admis que la reprise du trafic passagers serait lente – on parle de 2024 pour retrouver le niveau de 2019.

L’Iata estime que plus de 1.000 vols quotidiens seront nécessaires pendant deux semaines pour livrer la première vague de doses de vaccins dans le monde entier, via 8.000 gros-porteurs.

À Paris-Charles-de-Gaulle, qui compte plus de 3.500 m² d’entrepôts de stockage des produits thermosensibles entre + 2 °C et + 8 °C, plusieurs membres de l’association Air Cargo France (Acfa) sont certifiés. L’Acfa qui regroupe les professionnels du fret sur la plateforme a entamé une réflexion pour « accroître la rapidité et la sécurité du traitement des flux de vaccins ». Ses membres cherchent notamment à accélérer le temps de transit des doses entre les camions et les avions, ainsi que les procédures de dédouanement.

(source : L’Antenne 7 Décembre 2020)

Le transporteur international et expressiste DHL constate l’essor du e-commerce au niveau mondial et se prépare à une saison des fêtes avec des volumes transportés augmentant de 35 % par rapport au reste de l’année.

Selon Philippe Prétat, PDG France de DHL, les volumes transportés vont notablement augmenter à l’occasion des fêtes de fin d’année malgré une baisse sur l’année, due à la pandémie. « L’année dernière, nous avons eu 8 % de croissance en termes de volume transporté. Notre prévision pour 2020 est de 5 % parce que nous avons eu une baisse à partir du premier confinement et qu’il y a eu une baisse de l’activité globale en mars, avril, mai et juin. Il est toutefois intéressant de noter une croissance importante sur juillet et août. On s’attend à 10 % de croissance au second semestre. »

(source : L’Antenne – 13 Novembre 2020)

DHL (groupe Deutsche Post) a annoncé investir 170 millions d’euros destinés à multiplier par huit la taille de son implantation sur l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Selon l’expressiste, cette plate-forme sera dotée « d’une chaîne de tri entièrement automatisée offrant une capacité de tri d’environ 34.000 pièces par heure ».

Mise en service fin 2021

Un projet qui permettrait la création de jusqu’à 100 emplois nets dont 500 et 600 personnes travailleraient sur le futur hub de Roissy. Cet investissement s’ajoute aux 65 millions d’euros déjà investis par DHL en France au cours des cinq dernières années, qui ont permis l’embauche de près de 800 employés, a ajouté la même source appartenant à la direction, confirmant ainsi des informations du ministère du Commerce extérieur.

source : AFP – 17 septembre 2020

Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, Air France KLM Martinair Cargo a opéré plus de 5.500 vols de fret à travers le monde. Ces expéditions étaient en majorité composées de médicaments, équipements médicaux et de protections individuelles comme des masques.
« Depuis le début de la crise, nous avons progressivement reconstruit notre réseau pour les envois liés aux secours », confirme le transporteur.
Dans ce contexte, « nous utilisons nos avions passagers à des fins de transport de fret et avons pleinement utilisé notre flotte cargo ». Ces moyens et capacités desservent aujourd’hui un réseau long-courriers couvrant 95 destinations.

(source : L’Antenne septembre 2020)

Sans avions passagers, Clasquin a dû jouer le rôle d’une compagnie aérienne pour affréter des avions destinés exclusivement au fret. Outre le plus gros avion du monde, l’Antonov 225 pour acheminer du matériel médical, le commissionnaire de transport a eu recours à d’autres appareils pour transporter des pièces pour des chaînes industrielles indispensables.

En ce début de troisième trimestre, Clasquin note un retour à la normale au niveau aérien (avec des marges moins importantes) malgré l’absence persistante de beaucoup de longs courriers.

(source : L’Antenne 1er septembre 2020)

Lufthansa Cargo a pris réception lundi 31 août, d’un tout nouveau Boeing 777F.

Le transporteur fret, qui emploie 4.500 salariés dans le monde, dessert 300 aéroports dans plus 100 pays avec ses propres avions cargos. La compagnie dit avoir recours également, pour transporter son fret, aux soutes des avions passagers opérés par Lufthansa German Airlines et de ses sociétés sœur du groupe (Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings et SunExpress).

(source : L’antenne 31/08/2020)

À l’opposé du trafic passagers, le transport de marchandises de la plateforme franco-suisse de Bâle-Mulhouse maintient ses performances. Certains facteurs déclenchés par le Covid-19 sont favorables.

Alors que son trafic de passagers s’est écroulé avec la crise sanitaire, l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse a préservé son activité de fret. Celle-ci a même augmenté, de 3,8 % de janvier à juin par rapport à la même période en 2019, pour atteindre 55.546 tonnes. « Comme la plupart du fret avionné est réalisé par des avions dédiés, nous avons été moins impactés que d’autres plateformes par l’arrêt des vols passagers qui embarquent de la marchandise dans leurs soutes », explique Gian Carlo Alessi, responsable fret de l’EuroAirport. La performance est d’autant plus notable que l’aéroport franco-suisse n’avait pas accumulé de « réserves » de croissance avant le confinement : janvier et février étaient stables par rapport à 2019.
Certains phénomènes induits par le coronavirus ont été favorables, du point de vue statistique. « L’importation de masques a été conséquente, bien qu’elle soit difficile à quantifier avec précision. Quant au secteur pharmaceutique, un de nos points forts, il résiste bien aux crises, de manière générale », ajoute Gian Carlo Alessi.  L’e-commerce a enregistré également une légère progression.

La croissance du premier semestre résulte du transport camionné (+ 5,5 %, à 23.807 tonnes) mais surtout du fret traditionnel avionné (total de 9.382 tonnes, soit + 34,5 %). Pour celui-ci la seconde rotation hebdomadaire de Turkish Airlines, depuis août dernier, a compensé le départ dans le même temps de Korean Air vers Zurich. Seul l’express affiche une baisse, de 7 % (total de 22.357 tonnes) mais l’EuroAirport invite à la relativiser : « Certes, la demande de biens de consommation et d’équipements a diminué, mais on observe surtout une évolution du portefeuille des clients vers des colis plus légers. Dès lors, il y a un recul au niveau des tonnages, mais pas au niveau des volumes transportés », estime Gian Carlo Alessi.

(source : l’Antenne – août 2020)

Le groupe américain de messagerie UPS a connu une hausse de son activité au deuxième trimestre, au gré de l’évolution de la demande des particuliers notamment.

UPS a largement dépassé les attentes au deuxième trimestre, grâce à la hausse du nombre de colis commandés par les particuliers et dans le secteur de la santé. La performance du groupe de messageries américain « a été entraînée en partie par les évolutions de la demande qui ont émergé pendant la pandémie », a souligné la directrice générale, Carol Tomé.
En particulier, UPS  a observé « un bond des volumes des livraisons chez les particuliers, des commandes de santé liées au Covid-19 et une forte demande en provenance d’Asie », a-t-elle ajouté. En volume, le nombre de paquets transportés par la société s’est envolé de 20,9 %. Le prix payé par livraison a en revanche baissé un peu, de 5,2 %, à 10,63 dollars en moyenne.

Au final, le chiffre d’affaires d’UPS a augmenté de 13,4 % pour atteindre 20,46 milliards de dollars, là où les analystes anticipaient 17,5 milliards de dollars. La société a dégagé un bénéfice net de 1,77 milliard de dollars, en hausse de 5 %.

(source : AFP – 31 juillet 2020)

L’aérien porteur pendant la crise :

Dans le fret aérien, Kuehne+Nagel (K+N) est parvenu à faire croître ses revenus semestriels de 4,2 % (2,46 md CHF) grâce notamment à une forte demande pour les produits de crise à laquelle le groupe s’est rapidement adapté. Son résultat d’exploitation (Ebit) a augmenté de 4 %, à 181 M CHF. Le commissionnaire de transport international a dû acheter des capacités charter pour ses clients, les soutes des avions passagers n’étant plus disponibles pendant plusieurs semaines au deuxième trimestre et a su tirer profit de la situation. Alors que ses volumes ont baissé de 22 % sur cette période (315.000 tonnes) son chiffre d’affaire a crû de 15 % (1,37 md CHF) et son Ebit de 17 % (110 M CHF).

(source : L’Antenne et AFP juillet 2020)

Les taux de fret devraient augmenter de 30 %, compte tenu de la limitation de l’accès aux soutes des avions passagers. Et l’activité devrait générer 110 md DOL de revenus en 2020, contre 102 en 2019, ce qui représentera 26 % des revenus du secteur contre 12 % en 2019. L’activité continuera à se développer en 2021 où l’IATA prévoit des revenus de 138 md DOL, en hausse de 25 % par rapport à 2020. La demande en fret aérien devrait être importante pour accompagner le réapprovisionnement des stocks au redémarrage de l’économie, alors que dans le même temps, l’accès aux soutes passagers demeurera limité.

AFP – 10 juin 2020